Le samedi 2 juillet à Hydra, sera inaugurée l’installation in-situ de l’œuvre de Maria Tsagkari, lauréate du prix HYam, créée spécialement par l’artiste, produite par l’association franco-grecque. Après avoir organisé, chez Artcurial à Paris,  le prix de la jeune scène artistique méditerranéenne ainsi qu’une exposition réservée aux quatre finalistes, HYam  signe le dernier moment de cette première édition consacrée à la scène grecque et chypriote.
Le projet de la jeune artiste, attentive au caractère singulier de l’île, et réalisée en collaboration avec les artisans locaux est lié à ses recherches sur The New Green.

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 The New Green part 2, L’attente
Maria Tsagkari qui avait ciselé des jardins-installations de cendres, tissé des tapis éphémères aux sinuosités végétales, dessiné des labyrinthes sur un aluminium glacé, poursuit ses recherches sur la symbolique et la possible transformation de l’espace vert. The Blue as The New Green… Et si une société scientifique était un jour capable de transformer l’ADN des plantes corrigeant ainsi la vision de la nature et plus largement la perception du monde…
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Finissage dans la fonderie…

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L’arrivée à Hydra : avant le bleu…

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The Blue as the New Green

De tout temps, le jardin fut l’emblème du partage, de l’hospitalité, du rassemblement ainsi que le modèle et la preuve d’un pouvoir, à la fois économique et politique. Sur l’île d’Hydra où le visiteur croise des dizaines de bustes de personnages historiques, The New Green est le monument d’un héros obscur qui semble hanté par un rêve impossible. Le visiteur découvrira un jardin bleu asymétrique et anarchique qui pourrait être une conclusion à Heinrich von Ofterdingen, roman inachevé de Novalis. Le philosophe allemand avait construit un mythe mediéval autour d’un jeune troubadour ayant tout abandonné pour la quête d’une petite fleur bleue qui hantait ses rêves, symbole des valeurs de la vie idéale et de la poésie pure. Dans le paysage hydriote, ce jardin planté de bleu est comme une promesse figée dans le temps, régentée par la marginalité, l’enchantement du mensonge, les espoirs jamais démentis à cause de leur nature profonde… ces rêves qui n’atteignent jamais les limites de la réalité.
THE NEW GREEN The expectation/part 2 Hydra Du 3 juillet au 30 septembre.
Maria Tsagkari vit et travaille à Athènes. Depuis 2011, elle est professeur dans l’atelier de Nikos Navridis, à l’école des Beaux-Arts d’Athènes. Elle a participé à plusieurs expositions notamment “A fresh, a new generation of greek artists” au Musée d’art contemporain d’Athènes en 2014 et plus récemment en 2016, “War party” au Royal Military Museum, Bruxelles et Remember the present, au Centre d’art contemporain Le Lait à Albi. Elle a également participé à deux résidences : en 2015 au Warp, contemporary Art Platform, Belgium dans le cadre de la Triennale d’architecture, et en 2016 au centre d’art contemporain Le Lait à Albi.
En ce début d’année, dans une époque particulièrement chahutée où, plus que jamais, l’art doit déborder les règles, la réunion de la lauréate et des trois finalistes du prix HYam a mis en lumière les « sorties de rang » d’une scène artistique gréco-chypriote extrêmement déterminée. En accueillant cette exposition, François Tajan, président délégué d’Artcurial, a ainsi renouvelé sa confiance et son soutien au projet HYam. Nous le remercions chaleureusement ainsi que toute l’équipe de la maison de vente. Nous remercions également, la Mairie de Paris, partenaire de l’exposition,  les journalistes et les acteurs du marché de l’art – galeristes, fondations, collectionneurs, institutions – les amis qui se sont parfois venus de loin ainsi que l’agence l’Art en plus qui a participé au succès de l’exposition. Voici, en images, quelques moments de cette formidable aventure. Et puis, vivement la suite…
As of the beginning of this year, in a particularly troubled period in which art needs « to stretch beyond its bounds » more than ever, the reunion of our award four finalists highlights the « defiance » of an extremely determined young Greek Cypriot scene. Through  his warm welcome of our exhibition, François Tajan, deputy chairman of Artcurial, has renewed its confidence and its valuable support to the Hyam project. We, therefore, would like to thank him and all the team of the auction house. We also would like to extend our thanks the Paris townhall, partner of the exhibition, as well as the journalists, the art market personas -galerists, foundations, collectors, institutions- and all the friends who have indeed had to travel far in order to be with us. Last but not least, a special thanks  to the Art en plus Agency which had admittedly played a part in the success of the exhibition. We, hereby, siting a few images, in an effort to convey parts and « moments » of such an amazing experience and adventure as this first exhibition was so far. And, as they say, the best is only yet to come.
Pauline Simons ©Jean Picon Saywho

 

 

 MARIA TSAGKARI, lauréate
252549_original-817 Maria Tsagkari

Heinrich Did It, installation réalisée pour l’exposition

 

Inspirée

RANIA BELLOU, finaliste
252551_original-664 Rania Bellou

Ghosts of my shadow II et III, dessins sur papier Kozo

 

Persuasive

MARIANNA CHRISTOFIDES, finaliste

Days in between

 

Marianna Christofides et Hélène Moussoulos

ATHANASIOS ZAGORISIOS, finaliste
252577_original-784 Dodecane Athanasios Zagorisios

Cyclododecane, installation

 

 

 Et un petit point sur le projet Hyam sur BFM Business. Merci Olivier !

En 2014, HYam créait le Prix de la Jeune Scène artistique méditerranéenne en partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère : ce prix récompensait une jeune artiste grecque, Maria Tsagkari, choisie par un jury international parmi les quatre finalistes dont le travail éclairait la diversité de la jeune scène gréco-chypriote tant du point de vue esthétique qu’idéologique, avec comme fil conducteur, le passé pour seul avenir.
HYam, qui a depuis lors étoffé sa structure notamment avec l’ouverture d’une filiale en Grèce nécessaire pour la réalisation des projets in-situ à Hydra, met en place le second volet de son projet de soutien aux jeunes artistes de la scène méditerranéenne : l’exposition des travaux des quatre artistes finalistes – Rania Bellou, Marianna Christofides, Maria Tsagkari, la lauréate, et Athanasios Zagorisios -.
Intitulée « erotimatiko», l’exposition aura lieu du 8 au 17 janvier 2016. Ouverte à tous les publics grâce à l’accompagnement de médiatrices spécialisées, elle sera enrichie par l’édition d’un catalogue bilingue spécialement conçu pour l’occasion.
En accueillant cette exposition, François Tajan, président délégué de la maison de ventes Artcurial et membre du premier jury, renouvelle ainsi sa confiance et son soutien au projet HYam.
Cet été, l’exposition va voyager :  elle sera présentée sur l’île d’ Hydra en parallèle à l’installation de Maria Tsagkari, la lauréate – troisième volet du projet HYam- dans l’espace public de l’île.
par Pauline Simons
Version 2

Projet de Maria Tsagkari pour l’espace public d’Hydra

ερωτηματικο ; erotimatiko ?

Dans la langue grecque, le point d’interrogation -erotimatiko- est figuré par notre point virgule. Ce signe de ponctuation peut donc évoquer à la fois ce questionnement qui émaille aujourd’hui le pays des dieux et plus largement la mise en parallèle d’une situation transitoire où :
« ce qui est ancien est en train de mourir et ce qui est nouveau ne peut pas naître » (Antonio Gramsci).
En présentant à Paris les travaux (dessins, vidéos, installations) de quatre jeunes artistes gréco-chypriotes, finalistes de la première édition du prix de la jeune scène artistique méditerranéenne, l’association HYam souhaite ainsi mettre en lumière différentes visions esthétiques de ces interrègnes qui stigmatisent non seulement la Grèce et Chypre mais aussi tout le bassin méditerranéen. Les conséquences d’une crise économique qui s’étire filtrent lentement, insidieusement mais âprement. En mêlant sur le papier différents morceaux de vie – dont la sienne – dans différents espaces-temps, Rania Bellou évoque le passage nécessaire de la sphère intime à la sphère publique; dans son film vidéo Days In Between, Marianna Christofides souligne la réalité de ces paysages d’entre-deux, de ces frontières à l’est indéfinies et oubliées et de fait mouvantes ; en imposant The Blue as The New Green, Maria Tsagkari, rappelle la quête de « l’ impossible rêve » et aussi comme l’évoquait Victor Hugo, la valeur des chimères. L’oeuvre d’Athanasios Zagorisios n’est-elle pas une tentative esthétique de questionner à travers l’expérience scientifique ce sentiment d’ éphémère qui se fait encore plus prégnant en ces temps difficiles ?

 

Maria TSAGKARI, lauréate
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The New Green : Heinrich Did It esquisse de l’installation pour l’exposition .

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Exemple de fleur naturelle passée par la fonderie et peinte en bleu.

Maria Tsagkari qui avait ciselé des jardins-installations de cendres, tissé des tapis éphémères aux sinuosités végétales, dessiné des labyrinthes sur un aluminium glacé, poursuit ses recherches sur la symbolique et la possible transformation de l’espace vert. The Blue as The New Green… Et si une société scientifique était un jour capable de transformer l’ADN des plantes corrigeant ainsi la vision de la nature et plus largement la perception du monde… Dans ses derniers projets qu’il s’agisse d’une oeuvre pérenne pour l’espace public d’Hydra – troisième volet du projet Hyam – ou de la composition d’un jardin suspendu, Maria Tsagkari s’attache au mythe de cette fleur bleue qui hantait déjà les héros romantiques. Heinrich von Ofterdingen, protagoniste du roman inachevé de Novalis ne passait-il ses journées à la chercher ? Emblème de la poésie pure, de l’unité intérieure, d’un infini inaccessible et aussi d’une passion inassouvie, Maria Tsagkari l’impose dans chacune de ses oeuvres comme pour mieux signifier une réalité moderne qui, face aux diktats de tout ordre, oscille entre la foi dans l’impossible et la croyance dans l’irrationnel.

 

Rania BELLOU

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I am also a word a thing II Dessin au crayon sur papier Kozo. 68 x 47,5 cm

I am also a word a thing II
Dessin au crayon sur papier Kozo. 68 x 47,5 cm. Courtesy Kalfayan Galleries Athens-Thessaloniki

Rania Bellou réinvente des morceaux de vie, inonde les blancs. En glanant ça et là des archives ou en fouillant dans des journaux intimes trouvés par hasard – le dernier témoigne des écrits, pensées, réflexions du poète grec Panos Stanis, actif dans les années 50 – ou ailleurs, l’artiste trouve de formidables accroches pour amorcer une nouvelle histoire. Fidèle à une technique où elle mêle la précision réaliste du trait noir à l’évanescence d’un gris flouté ou à la transparence d’un papier japonais, Rania Bellou s’inspire d’une intrusion, d’une forme de voyeurisme pour nourrir son récit et lui permettre de créer une fiction où elle glissera aussi sa propre histoire. On passe ainsi, furtivement, de la sphère privée à la sphère publique, du particulier au général. En tournant les pages de son livre d’artiste où chacun des 100 dessins au crayon ne peut exister que l’un par rapport à l’autre, on saisit aussi la singularité des histoires qui se font et se défont dans un espace temps laissé au bon vouloir de l’artiste. Ici, réalité et fiction s’entremêlent à l’envi laissant au spectateur le soin de réécrire sa propre histoire.

 

Marianna CHRISTOFIDES
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Days In Between. Essai cinématographique. Regards entendus dans les Balkans.

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Comme une vidéo s’intègre à l’architecture d’un lieu.

In the Balkans a new country begins beyond every river… it comes from a country were the borders have been drawn with a giant ruler through vast grain-billowing fields… ponctue en arrière-plan la voix de Days In Between, dernier film de Marianna Christofides. Suite à un incident technique, l’artiste, caméra à l’épaule, a du parcourir une nouvelle fois, les Balkans et ces paysages d’entre-deux bordés d’eau, là où les frontières sont mal définies et mouvantes. Tous ses repères, avaient, comme par enchantement, disparu soulignant ainsi le désarroi de ces lieux oubliés sans cesse à reconsidérer et à réinventer. En relevant ces phénomènes de mutation de manière à la fois poétique et distanciée, elle laisse au temps cette flexibilité que nos sociétés occidentales ont corseté. Dans ces lieux de solitude où, comme dans les films de Tarkovsky, l’eau, cet « élément de l’intermédiaire » est omniprésente, il faut imaginer Sisyphe heureux… C’est avec ces mots d’Albert Camus que le film s’achève.

 

Athanasios ZAGORISIOS
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Cyclododecane. Installation composée de trois cubes.Le processus de sublimation d’une variété d’ hydrocarbure.

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Allostasis/Homeostasis. Le cycle de l’eau recréé avec l’effet Peltier

Athanasios Zagorisios met en exergue l’esthétique de certains phénomènes naturels et décrypte ainsi les arcanes de la science. Que savons-nous des différents stades du « processus de sublimation » (passage de l’état solide à l’état gazeux) du Cyclododecane ? Cette variété d’hydrocarbure employée dans la restauration et la consolidation a une vitesse de sublimation qui varie – de manière sublime – selon les variations de température, de volume et de pression.
Nul n’ignore que l’air chaud est plus léger que l’air froid… Son réchauffement par une simple ampoule posée au sol, met en oeuvre un cycle de dilatation invisible à l’oeil nu qui peut faire danser un fil de soie… Parfois, l’artiste interpelle l’imaginaire de manière frontale et sensorielle. Imaginez un morceau de textile parfumé dont la fragrance ne sera perceptible qu’en s’en approchant. L’artiste a choisi la sphère olfactive pour poser une question d’ordre proustien : quelle peut être la forme d’un élément que l’on peut pas voir et de quelle manière peut-on s’en souvenir ?
Contact Presse Prix de la jeune scène artistique méditerranéenne  Agence L’art en plus 11 rue du Bouquet de Longchamp, 75116 Paris 01 45 53 62 74
Virginie Burnet Tél : +33 (0)6 87 77 75 54 v.burnet@lartenplus.com
Olivia de Smedt Tél : +33 (0)6 09 72 59 43 o.desmedt@lartenplus.com
ARTCURIAL 7, Rond – Point des Champs – Elysées 75008 Paris. Exposition du 8 au 17 janvier 2016. Du lundi au vendredi de 11 h à 19 h, samedi de 11 h à 18 h, dimanche de 14 h à 18 h. Vernissage le jeudi 7 janvier de 18 h à 21 h sur invitation.

 

En 2014,  HYam créait le prix de la Jeune Scène artistique méditerranéenne en partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère : remis chez Artcurial, ce prix récompensait une artiste grecque de moins de 36 ans. L’association qui s’est étoffée -elle a aujourd’hui une filiale en Grèce- met en place le second volet de son projet : du 8 au 17 janvier 2016, elle présente  les derniers travaux des quatre finalistes du prix : Rania Bellou, Marianna Christofides, Maria Tsagkari, la lauréate, Athanasios Zagorisios. En accueillant l’exposition, François Tajan, président délégué de la maison de ventes Artcurial renouvelle ainsi sa confiance dans  le projet HYam.
Pauline Simons

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Quelques mots sur l’exposition

ερωτηματικο ; erotimatiko ?

Dans la langue grecque, le point d’interrogation -erotimatiko- est figuré par notre point virgule. Ce  signe de ponctuation peut donc évoquer à la fois l’art du questionnement qui émaille aujourd’hui le pays des dieux  et plus largement la mise en parallèle d’une situation où « ce qui est ancien est en train de mourir et ce qui est nouveau ne peut pas naître »(Antonio Gramsci).
En présentant à Paris quatre jeunes artistes de la scène gréco-chypriote, finalistes de la première édition du prix de la jeune scène artistique méditerranéenne, l’association HYam souhaite ainsi mettre en lumière différentes visions esthétiques de ces interrègnes qui stigmatisent non seulement la Grèce mais aussi tout le bassin méditerranéen.

HYam PROJECT Petit rappel

Le projet HYam est un projet artistique global entre Paris et Hydra qui s’articule autour d’un schéma triangulaire
-un prix biennal dédié, pour chaque édition, à un pays de la Méditerranée et récompensant un/une jeune artiste de moins de 36 ans.
-une exposition collective à Paris pour les finalistes de chaque prix avec l’édition d’un catalogue.
-la production et l’installation d’une oeuvre pérenne dans l’espace public d’Hydra réalisée par le/la lauréate du prix.
Depuis le mois de juillet, la lauréate du prix HYam ainsi que les trois finalistes n’ont pas amusé le terrain. Entre accueils en résidence, expositions, projets, chacun a tissé sa toile à sa manière. Nous retrouverons ces jeunes artistes grecs et chypriote à Paris avant la fin de l’année. Voici leur actualité. En attendant la suite.
MARIA TSAGKARI, LAUREATE DU PRIX HYAM
C’est dans le cadre de la London Art Fair, nouvelle foire qui s’est tenue en janvier dernier, que Maria Tsagkari représentée par la TinT gallery, a exposé ses tous derniers dessins : « Planning a Garden » est une série d’études,réalisée en cendre sur aluminium, où le jardin devient un symbole-labyrinthe de la force politique et économique mais aussi une ère de pouvoir.
A la fin du mois de février, on découvrira « The New Green », une installation dans la citerne du château de l’île de Lesbos, l’une des plus importantes forteresses en Méditerranée. L’artiste impose ainsi une nouvelle tendance : le Bleu comme Nouveau Vert appliqué à la nature au sens large (sites touristiques et  jardins privés). Maria Tsagkari met ici en lumière, certains dérèglements dont elle floute l’origine précise -appropriation, assimilation, fusion- mais qui concerne avec certitude les relations Est-Ouest et leurs ramifications dans les différentes cultures. Ce projet concerne également la création d’une société appelée The New Green. Cette société éclaire les futurs enjeux de  cette « nouvelle tendance », à la fois poétique et politique, sur le marché mondial.  Souvenez-vous de la tulipomanie, première bulle spéculative au XVIIème siècle.  Chimistes et agronomes travaillent sur le sujet : comment modifier l’ADN de l’herbe.

 

RANIA BELLOU
Durant l’été 2014, Rania Bellou a réalisé deux solos shows : le premier à Kalfayan Galleries à Athènes et le second à Thessalonique dans le cadre du festival Action Field Kodra. Rania Bellou a participé à l’automne à l’exposition de groupe « Personal Collective Mythologies » de Patras avant de traverser l’atlantique. En décembre à Miami Art Basel, elle présentait sur le stand de Kalfayan Galleries cinq courtes animations qui furent sélectionnées pour la section FILM avant d’ enchaîner sur un premier solo show newyorkais à la Taymour Grahne Gallery.

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Cette exposition témoigne de l’évolution de son travail. En compilant dessins, livre, archives, projection et animation, l’artiste s’est attachée à la vie d’une résidente new yorkaise dans les années 40 dont elle a découvert le journal et en a tiré des images où réalité et fiction s’entremêlent afin de laisser au public le soin de réécrire lui aussi son histoire.

 

MARIANNA CHRISTOFIDES
Marianna Christofides revient de Stockholm où elle était invitée en résidence afin de finaliser un projet né il y a trois ans (film et installation) et va sans tarder égrener différents pays des Balkans, caméra au poing. Ce projet sera présenté pour la première fois dès le 28 mai à la prochaine Biennale de Thessalonique. Top secret pour le moment…

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Fin avril, l’artiste est invitée à Paris par Light Cone pour la post production. C’est une année clé pour la jeune chypriote qui aura un premier solo show institutionnel à la Basis E.v. Kunstverein de Frankfurt dès le printemps. Suivi d’un séjour stambouliote en résidence à Istanbul durant le second semestre. L’exposition itinérante Recording Memories qui a débuté à Nicosie avant Thessalonique, Athènes et Belgrade éclaire les tribulations de la mémoire dans un sud–est de l’Europe depuis longtemps chamboulé. Une problématique chère à l’artiste.

 

ATHANASIOS ZAGORISIOS
Athanasios Zagorisios poursuit ses recherches artistiques sur « L’esthétique de l’éphémère » tout en enseignant à l’Académie Platon de l’Université
d’Athènes. Il talonne les états transitoires, par conséquence fragiles et fugitifs, de certains phénomènes naturels afin de mettre en exergue ces moments d’une extrême brièveté. Dans sa dernière œuvre, l’artiste a utilisé l’effet Peltier (phénomène physique de déplacement de la chaleur en présence d’un courant électrique) afin de recréer le cycle de l’eau: condensation, précipitation, collecte, évaporation.

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En parallèle, il a choisi d’élargir le spectre des sensations : en collaboration avec un parfumeur et en s’inspirant des arts japonais du kôdô et de la cérémonie du thé, il a imaginé un projet olfactif, rituel artistique né de la rencontre d’un parfum et d’une architecture.
Depuis le 2 juillet dernier, date de la remise du prix HYam chez Artcurial, en partenariat avec la fondation Jean-Luc Lagardère,  le projet s’est à la fois étoffé, précisé, articulé… Cet été. Avec une soudaine évidence.
par Pauline Simons
HYam dispose aujourd’hui d’une structure afin d’ étayer la suite. Les statuts de l’Association ont été déposés à l’automne.
En juillet dernier, le jury du Prix HYam, présidé par Alain Seban, président du Centre Pompidou avait choisi Maria Tsagkari parmi les quatre finalistes grecs et chypriote de moins de 36 ans. Désormais, le prix aura lieu tous les deux ans. Prochaine édition en 2016. Après la Grèce et Chypre, HYam va aller à la rencontre de la jeune scène artistique d’un autre pays de la Méditerranée. Mais en alternance, telle une réponse, deux nouveaux temps. Entre Hydra et Paris. 

Une oeuvre pérenne à Hydra

Le/la lauréat/e du prix HYam aura ainsi  l’opportunité de créer une oeuvre pérenne dans l’espace public de l’île d’Hydra en Grèce. Produite par HYam, avec le soutien de partenaires financiers, la création de Maria Tsagkari, lauréate du prix 2014, sera la premier jalon d’une promenade  qui débutera en bord de mer avant de flirter avec les rochers. L’artiste planche déjà sur différents projets, autant d’ ébauches poétiques, exigentes et attentives au caractère singulier du lieu. Maria Tsagkari sera accueillie en résidence sur l’île afin de monter son oeuvre avec l’aide des habitants de l’île.

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Une exposition pour les quatre finalistes

Souvenez-vous. Lors de la soirée du prix aucune oeuvre n’avait été montrée. Seules les vidéos des artistes réalisées spécialement pour HYam rythmaient la scénographie. A sa création, HYam avait prévu d’ exposer ensuite le/la lauréat/e dans un lieu ou une institution parisienne.  Réflexion faite, il aurait été dommage de boucler la boucle ainsi. La remise d’un prix, aussi festive et fédératrice soit-elle, a toujours un versant élitiste et réducteur. L’association a donc décidé de consacrer la ou les expositions -selon ses moyens- aux quatre finalistes. Ce matin dans  le Quotidien de l’art (10 décembre) Roxana Azimi dévoilait les nouvelles propositions du Prix Marcel Duchamp qui font écho -toutes proportions gardées- à la nouvelle articulation du projet Hyam. A Beaubourg, à partir de l’automne 2016, seront, en effet, montrés les travaux des quatre finalistes et plus seulement celui du lauréat. Comme le soulignait Alain Seban, « Cette formule met moins l’accent sur la compétition mais davantage sur la diversité de la scène française. » De notre côté nous recherchons une institution parisienne afin d’accueillir les oeuvres de nos finalistes. Nous y travaillons d’arrache-pied. Par un juste retour des choses, cette exposition offrira une belle visibilité aux artistes  tout en éclairant la diversité d’une scène étrangère et méconnue.

The meeting point (2013) – Maria Tsagkari

Hydra, piqûre de rappel

L’île d’Hydra qui est située au sud d’Athènes et regarde le Péloponnèse, tricote une singularité quotidienne. Au pays des dieux, la perle noire du golfe Saronique est une taiseuse qui déteste les stilettos et ne s’apprivoise qu’à pied, à dos de mule ou en bateaux taxis. Délibérément cosmopolite, Hydra accueille chaque été des expositions d’art contemporain dans des lieux aussi singuliers que le vieil abattoir repris en 2009 par le collectionneur Dakis Ioannou, l’ancien lycée où Dionisis Antonitsis, escorté par la fondation NEON et Dimitri Daskalopoulos, déroule une programmationn internationale ou encore le Workshop de Pauline Karpidas, collectionneuse et mécène anglaise, un bel espace adossé aux boutiques qui était jadis un garage à bateaux. 

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L’île est devenue le repaire des habitués des grandes foires internationales : avec ses demeures patriarcales construites dans un style vénitien à la fin d’un XVIIIème siècle où les armateurs faisaient la pluie et le beau temps, avec ses dédales de pierre, ses rochers tombant à pic et son silence moyenâgeux, mécènes, collectionneurs, galeristes et artistes l’ont préférée à beaucoup d’autres. Redécouverte au début des années 60 par une poignée de cinéastes, peintres, écrivains et poètes, cette enclave en mer Egée qu’Henry Miller comparait à une énorme tranche de pain pétrifié, cimente aujourd’hui sa réputation.
Il est vrai que je ne vous ai pas donné de grain à moudre ces dernières semaines. Prix, bouclage et after…Mais le temps des vacances n’est-il pas le meilleur moment pour reprendre du service … et pour mitonner la suite ?
Avant cela, je vais commencer par  boucler la boucle.
Le prix de la jeune scène artistique méditerranéenne, première édition, en partenariat avec la fondation Jean-Luc Lagardère dédié cette année à la Grèce a donc été remis le 2 juillet chez Artcurial à Maria Tsagkari, une jeune artiste grecque de 33 ans qui vit à Athènes et qui, jusqu’alors, a peu exporté son travail. Ce sont ses installations éphémères et poétiques, petits miracles recyclables dans qui, en dernier lieu,  ont remporté l’adhésion du jury.
Durant la soirée de la remise du prix, le public a pu toutefois  découvrir les vidéos ainsi qu’une brève présentation des quatre finalistes. Mais ce n’est pas tout. Afin que tous les artistes sélectionnés soient un peu parmi nous ce soir-là, l’équipe de l’UCPL avait mitonné une vidéo où chacun se partageait le gâteau. Bravo et merci à tous d’avoir accepté de participer à ce prix.
Je profite de ce petit billet pour réitérer mes remerciements :  à la Fondation Jean-Luc Lagardère, partante dès le début pour soutenir ce projet, à François Tajan, co-président d’Arcurial, qui a gracieusement accueilli l’événement, à l’Institut Français d’Athènes. Merci aussi à Marc Lacroix et toute l’équipe de l’UCPLqui a pris à son compte toute la partie visuelle de l’événement, merci à Virginie Burnet et Olivia de Smedt de l’Art en Plus qui ont développé la communication, à la maison Mavrommatis, à Anastasia Mitrogogou… et à tous ceux qui ont accompagné ce projet monté en huit mois.
J’en profite également pour remercier les membres du comité présidé part Alain Seban, président du Centre Pompidou. Tous ont accepté d’ escorter ce premier prix avec confiance et courtoisie. A l’exception de Giorgos Agouridis, président du centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos et Anna Kafetsi, directrice de l’EMST, musée d’Art contemporain d’Athènes retenus en Grèce, toutes les personnalités étaient présentes pour la délibération. Adelina Von Fürstenberg, fondatrice et présidente d’Art for the World, Xenia Geroulanos de la Galerie Thaddaeus Ropac, Katerina Gregos, curatrice et directrice artistique d’Art Brussels, Andreas Kourkoulas et Maria kokkinou, architectes et auteurs du nouveau musée Benaki à Athènes, Thierry Ollat, directeur du MAC à Marseille, Emmanuel Saulnier, artiste et professeur à l’école des Beaux-Arts de Paris et bien sur François Tajan, co-président ‘Artcurial
Comme vous avez pu le voir (quelques extraits sur la page FB Hyam),  la presse française et grecque a bien relayé l’ événement. Et cela devrait continuer, nous attendons encore des parutions en septembre. Thank you too !
Avant d’attaquer la suite, je vous propose donc un retour en images sur la soirée.
Tout d’abord la présentation des quatre artistes nominés… Le jury, présidé par Alain Seban, président du Centre Pompidou était alors en train de plancher…

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Après un bref discours, l’annonce du lauréat et la remise du Prix avec François Tajan, co-président d’Artcurial

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Ou plutôt de la lauréate… puisque c’est Maria Tsagkari qui a remporté le prix

 

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Avec le président Alain Seban

 

 

La presse était là, elle aussi : Marie-Clémence Barbé-Conti, Béatrice de Rochebouët et Sophie de Santis, ex-consoeurs du Figaro avec François Tajan

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Thierry Bogaty et Samantha Deman et au centre Virginie Burnet, directrice de l’Art en Plus.

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Carine Decroi, François Tajan et Valérie Sasportas du Figaro

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 Sophie Dufresne et Gilles Kraemer

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  Iris Touliatou (à droite) l’une des artistes sélectionnée.

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Et enfin toute l’équipe de L’UCPL, partenaire de l’événement, fondé par Marc Lacroix (à droite) qui a réalisé la vidéo ci-dessous ainsi que la maquette du carton d’invitation et celle de tous les kakémonos qui habillaient la soirée.

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Les projets de Maria Tsagkari (1981) ne sont pas fait pour durer. Ils mettent en scène en scène par métaphores les notions d’offre, d’action de grâce, de confiance, de foi dans ce qu’elles ont d’inaccessibles. Un jardin composé de huit cent fleurs différentes façonnées avec de la cendre de bois brûlé tel un modèle de pouvoir économique et social abritant toutes les sensibilités et aussi tous les déséquilibres, les empreintes d’une rencontre fortuite de deux anciens employés de l’usine à gaz d’Athènes, sur le site même qui a fermé ses portes, il y a déjà trente ans, un tapis de cendres inspiré de l’ Orient et de l’ Occident d’autant plus précieux qu’il est fait à la main et sur lequel l’artiste a ciselé le mot merci en lettres sombres, … Les installations de Maria Tsagkari éclairent jusqu’au bout la futilité d’une mise en oeuvre souvent laborieuse puisqu’en en denier lieu, elles sont livrées ou détruites par un public impliqué et consentant.
Maria Tsagkari vit et travaille à Athènes

The Meeting Point