Il avait choisi de soutenir la scène française et d’encourager ses jeunes pousses. Le 28 novembre, Artcurial disperse une partie de la collection. C’est aussi sur le Point.fr
La scène artistique française fut au cœur des préoccupations de Michel Fedoroff pendant près de cinquante ans. Les cent quarante pièces de sa collection dispersées chez Artcurial couvrent généreusement les cinq dernières décennies : des années 1960 à 2010, d’Arman à Abel Abdessemed, de Martin Barré à Gérard Deschamps, en passant par Mathieu Mercier ou François Morellet. « C’est la diversité de cette collection qui en fait tout le charme », souligne Karim Hoss, expert de la vente « Disparu en 2014, Michel Fedoroff a toujours acheté ce qu’il aimait sans souci d’investissement. Alors qu’il aurait pu acquérir, à une certaine époque de sa vie, les œuvres des stars du marché, il a préféré soutenir la jeune création française. »

 

LOT 95 FABRICE HYBERT PROVISOIRE 1997 ©Artcurial (2)

L’un des plus beaux bombages de Martin Barré 63-F-5. De 150 000 à 250 000 €.

Fils d’immigrés russes, Michel Fedoroff, qui n’était pas né dans le sérail, fut pourtant très vite fasciné par les paysages de Van Gogh et de Pissaro tout en déplorant déjà la précarité de leur existence. Dès qu’il en eut les moyens, ce self made man, qui devint le patron de Mood Music, préféra les artistes vivants à ceux du XIXème siècle. Car il avait une passion pour l’art mais aussi pour les artistes et certains de leurs représentants : il appréciait la compagnie et les conseils d’une poignée de galeristes aux quels il fut fidèle… Catherine Issert et Jean Ferrero dans le sud de la France, Anne de Villepoix et Hervé Loevenbruck à Paris. « Très rapidement, je m’aperçus que la collection était pour toi une aventure éminemment, profondément humaine », note ce dernier dans la préface du catalogue.
LOT 76 BRUNO PEINADO THE BIG ONE WORLD 2000©Artcurial (1)

The Big One World, 2000, de Bruno Peinado. De 40 000 à 60 000 €.

Au cours de la seconde partie de sa vie de collectionneur, cet esthète, curieux de son époque, n’hésita pas à se séparer de travaux d’artistes déjà très cotés –notamment d’un dessin clé dans l’œuvre de Roy Lichtenstein- afin d’acquérir et parfois de produire des pièces d’artistes qui n’en étaient qu’aux balbutiements de leur pratique. « Quand j’achetais César ou Arman, cela ne changeait pas leur vie, les jeunes quand je les produis cela change tout pour eux », se plaisait à souligner ce collectionneur un peu « fou » qui, en 1996, fit l’acquisition d’un vaste domaine sur la commune de Bargemon dans le Var afin d’y poser ses « baraques » : autant d’espaces d’expositions qui n’abritaient parfois qu’une seule oeuvre ponctués de lieux d’accueil pour les artistes.
Parmi les jeunes pousses que Michel Fedoroff a soutenu, sept d’entre eux ont, ensuite, remporté le prix Marcel Duchamp organisé par l’ADIAF (Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français). Dans la vente, nombre d’œuvres ont souvent été acquises avant leur « consécration » : le Moucharabieh de Kader Attia, lauréat 2016 (de 60 000 à 80 000€), Still untitled, un petit collage sur bois peint de Mathieu Mercier (de 2 000 à 3 000 €), National shake, pièce de vêtements cousus de Saâdane Atif (de 3 000 à 5 000 €), Mason massacre, sculpture en marbre du duo Dewar & Gickel (de 60 000 à 80 000 €) , Un couché de soldats unis contre le motif, tempera sur papier de Philippe Mayaux (de 8 000 à 12 000 €)…
LOT 82 DANIEL DEWAR ET GICQUEL MASON MASSACRE 2008 ©Artcurial

Mason Massacre, 2008, Marbre de Dewar & Gicquel. De 40 000 à 60 000€.

« Beaucoup de ces jeunes artistes sont encore peu présents sur le second marché », poursuit Karim Hoss. « Bien que nos estimations soient inférieures aux prix pratiqués en galerie, nous les avons travaillé de manière cohérente. La vente publique a l’avantage de donner à ces jeunes artistes une visibilité différente de celles des institutions ou des galeries et l’ensemble qui couvre différentes périodes et mouvements de l’histoire de l’art va aussi nous permettre de toucher un public très divers : plutôt franco-français pour les nouveaux réalistes et l’école de Nice et plus international pour des œuvres comme le « bombage » de Martin Barré (de 150 000 à 250 000 €) ou les toiles de Roman Opalka, un artiste qui fut longtemps inclassable » Michel Fedoroff aimait vivre en compagnie d’œuvres singulières mais aussi radicales. Le Bibendum noir à la coupe de cheveux afro de Bruno Peinado (The Big One World, de 25 000 à 35 000 €) n’est-il pas devenu une image iconique des luttes antilibérales ?
Lundi 28 novembre à 20 h. Artcurial, 7, Rond-point des Champs Elysées 75008 Paris. www.artcurial.com

 

 

 

 

Par leurs différentes actions dans les medias, auprès des journalistes et des institutions, certains membres d’une association écologique hydriote souhaitent interdire la mise en place de l’ oeuvre d’art de Maria Tsagkari, lauréate du prix HYam, dans l’espace public d’Hydra.
En premier lieu, il est important de rappeler l’engagement de Hyam en faveur de la jeune scène artistique méditerranéenne et particulièrement de la scène hellène. Hyam est une association franco-grecque qui a construit un projet artistique global s’articulant autour de trois événements à Paris et à Hydra. Ce projet est composé d’ un prix biennal dédié pour chaque édition à un pays du bassin méditerranéen récompensant un artiste de moins de 36 ans, remis à Paris suivi par une exposition des finalistes et enfin de l’installation d’une oeuvre dans l’espace public d’Hydra confiée au lauréat.
L’association souhaite ainsi mettre ainsi en valeur le lien indéfectible qui unit la France et la Grèce,  éclairer le caractère unique et intemporel de l’île d’Hydra aux yeux d’ un public international et offrir une nouvelle visibilité aux jeunes artistes des pays de la Méditerranée muselés par des conditions géopolitiques souvent difficiles.
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Pour la première édition de son projet, Hyam a choisi la Grèce et Chypre. En juillet 2014, un jury international présidé par Alain Seban, alors président du centre Pompidou et composé de personnalités du monde de l’art (Girogos Agouridis, président du centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos ; Anna Kafetsi, alors directrice de l’EMST ; Adelina von Fürstenberg, présidente de l’ONG Art for the World ; Xenia Geroulanos et Thaddaeus Ropac de la Galerie Thaddaeus Ropac ; Katerina Gregos, curatrice  ; Andreas Kourkoulas et Maria Kokkinou, architectes ; Emmanuel Saulnier, artiste, professeur à l’école des Beaux-Arts ; Thierry Ollat, directeur du MAC Marseille ; François Tajan, président délégué de la Maison de vente Artcurial) a élu Maria Tsagkari parmi vingt artistes sélectionnés.
En janvier dernier, l’exposition des derniers travaux de la lauréate et des trois finalistes du prix a été gracieusement accueillie dans les prestigieux locaux de la maison de vente Artcurial, Rond-Point des Champs-Elysées à Paris ouvrant ainsi de nouveaux horizons aux quatre artistes.
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Aujourd’hui, Maria Tsagkari, la lauréate, met en oeuvre son projet « The Blue as a New Green » pour l’espace public d’Hydra programmé pour l’été 2016.  S’appuyant sur la compétence de professionnels, Maria Tsagkari a ainsi imaginé une composition de fleurs et de plantes bleues qui tapisseront les rochers d’Hydra face à la mer, révélant par des touches azurées, inattendues dans le paysage,  le rapport intime de la roche avec la mer. L’artiste qui a travaillé avec beaucoup de poésie et un extrême respect de l’environnement a pris en compte la particularité historique et architecturale de l’île. Ces petites sculptures, copies réalistes des plantes qui poussent déjà sur l’île d’Hydra, seront réalisées à l’aide de deux matériaux différents : une résine non agressive pour l’environnement et un aluminium peint avec une couleur électrostatique. L’étude de la construction et de la maintenance a été faite dans les règles de la conservation des antiquités. Respectant des normes réversibles et non agressives, ces sculptures seront placées dans les crevasses déjà existantes en remplacement des plantes habituelles et ne modifieront en aucun cas l’état initial de la roche.
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Ce sont ces multiples raisons qui ont convaincu l’association HYam de soutenir ce projet artistique. Nous osons croire que les objections formulées par les membres de l’association hydriote sont dues à une méconnaissance de la nature de l’oeuvre privant ainsi l’île d’Hydra d’un enrichissement culturel et d’une visibilité internationale en ces temps chahutés où la Grèce a plus que jamais besoin d’initiatives privées.

  

En ce début d’année, dans une époque particulièrement chahutée où, plus que jamais, l’art doit déborder les règles, la réunion de la lauréate et des trois finalistes du prix HYam a mis en lumière les « sorties de rang » d’une scène artistique gréco-chypriote extrêmement déterminée. En accueillant cette exposition, François Tajan, président délégué d’Artcurial, a ainsi renouvelé sa confiance et son soutien au projet HYam. Nous le remercions chaleureusement ainsi que toute l’équipe de la maison de vente. Nous remercions également, la Mairie de Paris, partenaire de l’exposition,  les journalistes et les acteurs du marché de l’art – galeristes, fondations, collectionneurs, institutions – les amis qui se sont parfois venus de loin ainsi que l’agence l’Art en plus qui a participé au succès de l’exposition. Voici, en images, quelques moments de cette formidable aventure. Et puis, vivement la suite…
As of the beginning of this year, in a particularly troubled period in which art needs « to stretch beyond its bounds » more than ever, the reunion of our award four finalists highlights the « defiance » of an extremely determined young Greek Cypriot scene. Through  his warm welcome of our exhibition, François Tajan, deputy chairman of Artcurial, has renewed its confidence and its valuable support to the Hyam project. We, therefore, would like to thank him and all the team of the auction house. We also would like to extend our thanks the Paris townhall, partner of the exhibition, as well as the journalists, the art market personas -galerists, foundations, collectors, institutions- and all the friends who have indeed had to travel far in order to be with us. Last but not least, a special thanks  to the Art en plus Agency which had admittedly played a part in the success of the exhibition. We, hereby, siting a few images, in an effort to convey parts and « moments » of such an amazing experience and adventure as this first exhibition was so far. And, as they say, the best is only yet to come.
Pauline Simons ©Jean Picon Saywho

 

 

 MARIA TSAGKARI, lauréate
252549_original-817 Maria Tsagkari

Heinrich Did It, installation réalisée pour l’exposition

 

Inspirée

RANIA BELLOU, finaliste
252551_original-664 Rania Bellou

Ghosts of my shadow II et III, dessins sur papier Kozo

 

Persuasive

MARIANNA CHRISTOFIDES, finaliste

Days in between

 

Marianna Christofides et Hélène Moussoulos

ATHANASIOS ZAGORISIOS, finaliste
252577_original-784 Dodecane Athanasios Zagorisios

Cyclododecane, installation

 

 

 Et un petit point sur le projet Hyam sur BFM Business. Merci Olivier !

En 2014, HYam créait le Prix de la Jeune Scène artistique méditerranéenne en partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère : ce prix récompensait une jeune artiste grecque, Maria Tsagkari, choisie par un jury international parmi les quatre finalistes dont le travail éclairait la diversité de la jeune scène gréco-chypriote tant du point de vue esthétique qu’idéologique, avec comme fil conducteur, le passé pour seul avenir.
HYam, qui a depuis lors étoffé sa structure notamment avec l’ouverture d’une filiale en Grèce nécessaire pour la réalisation des projets in-situ à Hydra, met en place le second volet de son projet de soutien aux jeunes artistes de la scène méditerranéenne : l’exposition des travaux des quatre artistes finalistes – Rania Bellou, Marianna Christofides, Maria Tsagkari, la lauréate, et Athanasios Zagorisios -.
Intitulée « erotimatiko», l’exposition aura lieu du 8 au 17 janvier 2016. Ouverte à tous les publics grâce à l’accompagnement de médiatrices spécialisées, elle sera enrichie par l’édition d’un catalogue bilingue spécialement conçu pour l’occasion.
En accueillant cette exposition, François Tajan, président délégué de la maison de ventes Artcurial et membre du premier jury, renouvelle ainsi sa confiance et son soutien au projet HYam.
Cet été, l’exposition va voyager :  elle sera présentée sur l’île d’ Hydra en parallèle à l’installation de Maria Tsagkari, la lauréate – troisième volet du projet HYam- dans l’espace public de l’île.
par Pauline Simons
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Projet de Maria Tsagkari pour l’espace public d’Hydra

ερωτηματικο ; erotimatiko ?

Dans la langue grecque, le point d’interrogation -erotimatiko- est figuré par notre point virgule. Ce signe de ponctuation peut donc évoquer à la fois ce questionnement qui émaille aujourd’hui le pays des dieux et plus largement la mise en parallèle d’une situation transitoire où :
« ce qui est ancien est en train de mourir et ce qui est nouveau ne peut pas naître » (Antonio Gramsci).
En présentant à Paris les travaux (dessins, vidéos, installations) de quatre jeunes artistes gréco-chypriotes, finalistes de la première édition du prix de la jeune scène artistique méditerranéenne, l’association HYam souhaite ainsi mettre en lumière différentes visions esthétiques de ces interrègnes qui stigmatisent non seulement la Grèce et Chypre mais aussi tout le bassin méditerranéen. Les conséquences d’une crise économique qui s’étire filtrent lentement, insidieusement mais âprement. En mêlant sur le papier différents morceaux de vie – dont la sienne – dans différents espaces-temps, Rania Bellou évoque le passage nécessaire de la sphère intime à la sphère publique; dans son film vidéo Days In Between, Marianna Christofides souligne la réalité de ces paysages d’entre-deux, de ces frontières à l’est indéfinies et oubliées et de fait mouvantes ; en imposant The Blue as The New Green, Maria Tsagkari, rappelle la quête de « l’ impossible rêve » et aussi comme l’évoquait Victor Hugo, la valeur des chimères. L’oeuvre d’Athanasios Zagorisios n’est-elle pas une tentative esthétique de questionner à travers l’expérience scientifique ce sentiment d’ éphémère qui se fait encore plus prégnant en ces temps difficiles ?

 

Maria TSAGKARI, lauréate
HEINRICH-Scanned

The New Green : Heinrich Did It esquisse de l’installation pour l’exposition .

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Exemple de fleur naturelle passée par la fonderie et peinte en bleu.

Maria Tsagkari qui avait ciselé des jardins-installations de cendres, tissé des tapis éphémères aux sinuosités végétales, dessiné des labyrinthes sur un aluminium glacé, poursuit ses recherches sur la symbolique et la possible transformation de l’espace vert. The Blue as The New Green… Et si une société scientifique était un jour capable de transformer l’ADN des plantes corrigeant ainsi la vision de la nature et plus largement la perception du monde… Dans ses derniers projets qu’il s’agisse d’une oeuvre pérenne pour l’espace public d’Hydra – troisième volet du projet Hyam – ou de la composition d’un jardin suspendu, Maria Tsagkari s’attache au mythe de cette fleur bleue qui hantait déjà les héros romantiques. Heinrich von Ofterdingen, protagoniste du roman inachevé de Novalis ne passait-il ses journées à la chercher ? Emblème de la poésie pure, de l’unité intérieure, d’un infini inaccessible et aussi d’une passion inassouvie, Maria Tsagkari l’impose dans chacune de ses oeuvres comme pour mieux signifier une réalité moderne qui, face aux diktats de tout ordre, oscille entre la foi dans l’impossible et la croyance dans l’irrationnel.

 

Rania BELLOU

I am also a word a thing I

I am also a word a thing II Dessin au crayon sur papier Kozo. 68 x 47,5 cm

I am also a word a thing II
Dessin au crayon sur papier Kozo. 68 x 47,5 cm. Courtesy Kalfayan Galleries Athens-Thessaloniki

Rania Bellou réinvente des morceaux de vie, inonde les blancs. En glanant ça et là des archives ou en fouillant dans des journaux intimes trouvés par hasard – le dernier témoigne des écrits, pensées, réflexions du poète grec Panos Stanis, actif dans les années 50 – ou ailleurs, l’artiste trouve de formidables accroches pour amorcer une nouvelle histoire. Fidèle à une technique où elle mêle la précision réaliste du trait noir à l’évanescence d’un gris flouté ou à la transparence d’un papier japonais, Rania Bellou s’inspire d’une intrusion, d’une forme de voyeurisme pour nourrir son récit et lui permettre de créer une fiction où elle glissera aussi sa propre histoire. On passe ainsi, furtivement, de la sphère privée à la sphère publique, du particulier au général. En tournant les pages de son livre d’artiste où chacun des 100 dessins au crayon ne peut exister que l’un par rapport à l’autre, on saisit aussi la singularité des histoires qui se font et se défont dans un espace temps laissé au bon vouloir de l’artiste. Ici, réalité et fiction s’entremêlent à l’envi laissant au spectateur le soin de réécrire sa propre histoire.

 

Marianna CHRISTOFIDES
Marianna Christofides_Days In Between_still-03

Days In Between. Essai cinématographique. Regards entendus dans les Balkans.

Marianna Christofides_Shelter Cove_2015_03

Comme une vidéo s’intègre à l’architecture d’un lieu.

In the Balkans a new country begins beyond every river… it comes from a country were the borders have been drawn with a giant ruler through vast grain-billowing fields… ponctue en arrière-plan la voix de Days In Between, dernier film de Marianna Christofides. Suite à un incident technique, l’artiste, caméra à l’épaule, a du parcourir une nouvelle fois, les Balkans et ces paysages d’entre-deux bordés d’eau, là où les frontières sont mal définies et mouvantes. Tous ses repères, avaient, comme par enchantement, disparu soulignant ainsi le désarroi de ces lieux oubliés sans cesse à reconsidérer et à réinventer. En relevant ces phénomènes de mutation de manière à la fois poétique et distanciée, elle laisse au temps cette flexibilité que nos sociétés occidentales ont corseté. Dans ces lieux de solitude où, comme dans les films de Tarkovsky, l’eau, cet « élément de l’intermédiaire » est omniprésente, il faut imaginer Sisyphe heureux… C’est avec ces mots d’Albert Camus que le film s’achève.

 

Athanasios ZAGORISIOS
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Cyclododecane. Installation composée de trois cubes.Le processus de sublimation d’une variété d’ hydrocarbure.

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Allostasis/Homeostasis. Le cycle de l’eau recréé avec l’effet Peltier

Athanasios Zagorisios met en exergue l’esthétique de certains phénomènes naturels et décrypte ainsi les arcanes de la science. Que savons-nous des différents stades du « processus de sublimation » (passage de l’état solide à l’état gazeux) du Cyclododecane ? Cette variété d’hydrocarbure employée dans la restauration et la consolidation a une vitesse de sublimation qui varie – de manière sublime – selon les variations de température, de volume et de pression.
Nul n’ignore que l’air chaud est plus léger que l’air froid… Son réchauffement par une simple ampoule posée au sol, met en oeuvre un cycle de dilatation invisible à l’oeil nu qui peut faire danser un fil de soie… Parfois, l’artiste interpelle l’imaginaire de manière frontale et sensorielle. Imaginez un morceau de textile parfumé dont la fragrance ne sera perceptible qu’en s’en approchant. L’artiste a choisi la sphère olfactive pour poser une question d’ordre proustien : quelle peut être la forme d’un élément que l’on peut pas voir et de quelle manière peut-on s’en souvenir ?
Contact Presse Prix de la jeune scène artistique méditerranéenne  Agence L’art en plus 11 rue du Bouquet de Longchamp, 75116 Paris 01 45 53 62 74
Virginie Burnet Tél : +33 (0)6 87 77 75 54 v.burnet@lartenplus.com
Olivia de Smedt Tél : +33 (0)6 09 72 59 43 o.desmedt@lartenplus.com
ARTCURIAL 7, Rond – Point des Champs – Elysées 75008 Paris. Exposition du 8 au 17 janvier 2016. Du lundi au vendredi de 11 h à 19 h, samedi de 11 h à 18 h, dimanche de 14 h à 18 h. Vernissage le jeudi 7 janvier de 18 h à 21 h sur invitation.

 

En 2014,  HYam créait le prix de la Jeune Scène artistique méditerranéenne en partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère : remis chez Artcurial, ce prix récompensait une artiste grecque de moins de 36 ans. L’association qui s’est étoffée -elle a aujourd’hui une filiale en Grèce- met en place le second volet de son projet : du 8 au 17 janvier 2016, elle présente  les derniers travaux des quatre finalistes du prix : Rania Bellou, Marianna Christofides, Maria Tsagkari, la lauréate, Athanasios Zagorisios. En accueillant l’exposition, François Tajan, président délégué de la maison de ventes Artcurial renouvelle ainsi sa confiance dans  le projet HYam.
Pauline Simons

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Quelques mots sur l’exposition

ερωτηματικο ; erotimatiko ?

Dans la langue grecque, le point d’interrogation -erotimatiko- est figuré par notre point virgule. Ce  signe de ponctuation peut donc évoquer à la fois l’art du questionnement qui émaille aujourd’hui le pays des dieux  et plus largement la mise en parallèle d’une situation où « ce qui est ancien est en train de mourir et ce qui est nouveau ne peut pas naître »(Antonio Gramsci).
En présentant à Paris quatre jeunes artistes de la scène gréco-chypriote, finalistes de la première édition du prix de la jeune scène artistique méditerranéenne, l’association HYam souhaite ainsi mettre en lumière différentes visions esthétiques de ces interrègnes qui stigmatisent non seulement la Grèce mais aussi tout le bassin méditerranéen.

HYam PROJECT Petit rappel

Le projet HYam est un projet artistique global entre Paris et Hydra qui s’articule autour d’un schéma triangulaire
-un prix biennal dédié, pour chaque édition, à un pays de la Méditerranée et récompensant un/une jeune artiste de moins de 36 ans.
-une exposition collective à Paris pour les finalistes de chaque prix avec l’édition d’un catalogue.
-la production et l’installation d’une oeuvre pérenne dans l’espace public d’Hydra réalisée par le/la lauréate du prix.
Il est vrai que je ne vous ai pas donné de grain à moudre ces dernières semaines. Prix, bouclage et after…Mais le temps des vacances n’est-il pas le meilleur moment pour reprendre du service … et pour mitonner la suite ?
Avant cela, je vais commencer par  boucler la boucle.
Le prix de la jeune scène artistique méditerranéenne, première édition, en partenariat avec la fondation Jean-Luc Lagardère dédié cette année à la Grèce a donc été remis le 2 juillet chez Artcurial à Maria Tsagkari, une jeune artiste grecque de 33 ans qui vit à Athènes et qui, jusqu’alors, a peu exporté son travail. Ce sont ses installations éphémères et poétiques, petits miracles recyclables dans qui, en dernier lieu,  ont remporté l’adhésion du jury.
Durant la soirée de la remise du prix, le public a pu toutefois  découvrir les vidéos ainsi qu’une brève présentation des quatre finalistes. Mais ce n’est pas tout. Afin que tous les artistes sélectionnés soient un peu parmi nous ce soir-là, l’équipe de l’UCPL avait mitonné une vidéo où chacun se partageait le gâteau. Bravo et merci à tous d’avoir accepté de participer à ce prix.
Je profite de ce petit billet pour réitérer mes remerciements :  à la Fondation Jean-Luc Lagardère, partante dès le début pour soutenir ce projet, à François Tajan, co-président d’Arcurial, qui a gracieusement accueilli l’événement, à l’Institut Français d’Athènes. Merci aussi à Marc Lacroix et toute l’équipe de l’UCPLqui a pris à son compte toute la partie visuelle de l’événement, merci à Virginie Burnet et Olivia de Smedt de l’Art en Plus qui ont développé la communication, à la maison Mavrommatis, à Anastasia Mitrogogou… et à tous ceux qui ont accompagné ce projet monté en huit mois.
J’en profite également pour remercier les membres du comité présidé part Alain Seban, président du Centre Pompidou. Tous ont accepté d’ escorter ce premier prix avec confiance et courtoisie. A l’exception de Giorgos Agouridis, président du centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos et Anna Kafetsi, directrice de l’EMST, musée d’Art contemporain d’Athènes retenus en Grèce, toutes les personnalités étaient présentes pour la délibération. Adelina Von Fürstenberg, fondatrice et présidente d’Art for the World, Xenia Geroulanos de la Galerie Thaddaeus Ropac, Katerina Gregos, curatrice et directrice artistique d’Art Brussels, Andreas Kourkoulas et Maria kokkinou, architectes et auteurs du nouveau musée Benaki à Athènes, Thierry Ollat, directeur du MAC à Marseille, Emmanuel Saulnier, artiste et professeur à l’école des Beaux-Arts de Paris et bien sur François Tajan, co-président ‘Artcurial
Comme vous avez pu le voir (quelques extraits sur la page FB Hyam),  la presse française et grecque a bien relayé l’ événement. Et cela devrait continuer, nous attendons encore des parutions en septembre. Thank you too !
Avant d’attaquer la suite, je vous propose donc un retour en images sur la soirée.
Tout d’abord la présentation des quatre artistes nominés… Le jury, présidé par Alain Seban, président du Centre Pompidou était alors en train de plancher…

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Après un bref discours, l’annonce du lauréat et la remise du Prix avec François Tajan, co-président d’Artcurial

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Ou plutôt de la lauréate… puisque c’est Maria Tsagkari qui a remporté le prix

 

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Avec le président Alain Seban

 

 

La presse était là, elle aussi : Marie-Clémence Barbé-Conti, Béatrice de Rochebouët et Sophie de Santis, ex-consoeurs du Figaro avec François Tajan

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Thierry Bogaty et Samantha Deman et au centre Virginie Burnet, directrice de l’Art en Plus.

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Carine Decroi, François Tajan et Valérie Sasportas du Figaro

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 Sophie Dufresne et Gilles Kraemer

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  Iris Touliatou (à droite) l’une des artistes sélectionnée.

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Et enfin toute l’équipe de L’UCPL, partenaire de l’événement, fondé par Marc Lacroix (à droite) qui a réalisé la vidéo ci-dessous ainsi que la maquette du carton d’invitation et celle de tous les kakémonos qui habillaient la soirée.

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En janvier dernier, je vous avais annoncé la création de la première édition du prix HYam en partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère dédié à la jeune scène artistique méditerranéenne et consacré cette année à la Grèce. Depuis, le projet a bien avancé. Dix-neuf artistes pré-sélectionnés sur vingt ont envoyé leurs dossiers de candidature à la date requise. Certains travaillent déjà avec des galeries, d’autres pas encore, certains vivent en Grèce, d’autres à l’étranger mais tous ont moins de 36 ans.
J’ai donc décidé de vous présenter chaque artiste, un par un, quotidiennement, en quelques lignes et quelque photos. Tout simplement par ordre alphabétique.
Pauline Simons

The Parthenon Rising – Bill Balaskas

 

BILL BALASKAS
Bill Balaskas (1983) s’était intéressé de près à l’économie avant de devenir artiste. Un background qui n’est pas anodin et qui a toujours de près ou de loin influencé ses préoccupations esthétiques. L’amplitude de la crise grecque et la mise en exergue d’un symbole de la faillite socio-économique l’ ont amené non pas à revoir sa copie, mais à passer de l’ aspect purement économique de la crise à ses origines culturelles et, de manière plus large, aux ondes de choc qui ont secoué tout le bassin méditerranéen.
Bill Balaskas vit à Londres est représenté par Kalfayan Galleries à Athènes et Thessalonique

 

Culture (2013) – Bill Balaskas

 

 

 

ARRETS SUR IMAGE
PARTHENON RISING, video (2011-2012) Le symbole universel de l’architecture sous les flashs des touristes durant la seule nuit de l’année où l’Acropole est ouverte. On passe ici de l’ombre à la lumière brutalement sans transition. Violence et beauté des presque antithèses qui résument la psyche de toute une nation tout en mettant le doigt sur les conflits internes qui polluent les pays de la Méditerranée.
CULTURE, néon installation (2013). Gâchis de câbles et manque de câbles : quand la culture perd son rôle majeur qui est celui d’éclairer.
COPACABANA work in progress (2014). Les cheminements d’une expérience personnelle, celle de la migration de la famille de l’artiste ou comment passer du particulier au collectif.

 

Copabana (2014) – Bill Balaskas