Par leurs différentes actions dans les medias, auprès des journalistes et des institutions, certains membres d’une association écologique hydriote souhaitent interdire la mise en place de l’ oeuvre d’art de Maria Tsagkari, lauréate du prix HYam, dans l’espace public d’Hydra.
En premier lieu, il est important de rappeler l’engagement de Hyam en faveur de la jeune scène artistique méditerranéenne et particulièrement de la scène hellène. Hyam est une association franco-grecque qui a construit un projet artistique global s’articulant autour de trois événements à Paris et à Hydra. Ce projet est composé d’ un prix biennal dédié pour chaque édition à un pays du bassin méditerranéen récompensant un artiste de moins de 36 ans, remis à Paris suivi par une exposition des finalistes et enfin de l’installation d’une oeuvre dans l’espace public d’Hydra confiée au lauréat.
L’association souhaite ainsi mettre ainsi en valeur le lien indéfectible qui unit la France et la Grèce,  éclairer le caractère unique et intemporel de l’île d’Hydra aux yeux d’ un public international et offrir une nouvelle visibilité aux jeunes artistes des pays de la Méditerranée muselés par des conditions géopolitiques souvent difficiles.
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Pour la première édition de son projet, Hyam a choisi la Grèce et Chypre. En juillet 2014, un jury international présidé par Alain Seban, alors président du centre Pompidou et composé de personnalités du monde de l’art (Girogos Agouridis, président du centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos ; Anna Kafetsi, alors directrice de l’EMST ; Adelina von Fürstenberg, présidente de l’ONG Art for the World ; Xenia Geroulanos et Thaddaeus Ropac de la Galerie Thaddaeus Ropac ; Katerina Gregos, curatrice  ; Andreas Kourkoulas et Maria Kokkinou, architectes ; Emmanuel Saulnier, artiste, professeur à l’école des Beaux-Arts ; Thierry Ollat, directeur du MAC Marseille ; François Tajan, président délégué de la Maison de vente Artcurial) a élu Maria Tsagkari parmi vingt artistes sélectionnés.
En janvier dernier, l’exposition des derniers travaux de la lauréate et des trois finalistes du prix a été gracieusement accueillie dans les prestigieux locaux de la maison de vente Artcurial, Rond-Point des Champs-Elysées à Paris ouvrant ainsi de nouveaux horizons aux quatre artistes.
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Aujourd’hui, Maria Tsagkari, la lauréate, met en oeuvre son projet « The Blue as a New Green » pour l’espace public d’Hydra programmé pour l’été 2016.  S’appuyant sur la compétence de professionnels, Maria Tsagkari a ainsi imaginé une composition de fleurs et de plantes bleues qui tapisseront les rochers d’Hydra face à la mer, révélant par des touches azurées, inattendues dans le paysage,  le rapport intime de la roche avec la mer. L’artiste qui a travaillé avec beaucoup de poésie et un extrême respect de l’environnement a pris en compte la particularité historique et architecturale de l’île. Ces petites sculptures, copies réalistes des plantes qui poussent déjà sur l’île d’Hydra, seront réalisées à l’aide de deux matériaux différents : une résine non agressive pour l’environnement et un aluminium peint avec une couleur électrostatique. L’étude de la construction et de la maintenance a été faite dans les règles de la conservation des antiquités. Respectant des normes réversibles et non agressives, ces sculptures seront placées dans les crevasses déjà existantes en remplacement des plantes habituelles et ne modifieront en aucun cas l’état initial de la roche.
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Ce sont ces multiples raisons qui ont convaincu l’association HYam de soutenir ce projet artistique. Nous osons croire que les objections formulées par les membres de l’association hydriote sont dues à une méconnaissance de la nature de l’oeuvre privant ainsi l’île d’Hydra d’un enrichissement culturel et d’une visibilité internationale en ces temps chahutés où la Grèce a plus que jamais besoin d’initiatives privées.

  

Il est vrai que je ne vous ai pas donné de grain à moudre ces dernières semaines. Prix, bouclage et after…Mais le temps des vacances n’est-il pas le meilleur moment pour reprendre du service … et pour mitonner la suite ?
Avant cela, je vais commencer par  boucler la boucle.
Le prix de la jeune scène artistique méditerranéenne, première édition, en partenariat avec la fondation Jean-Luc Lagardère dédié cette année à la Grèce a donc été remis le 2 juillet chez Artcurial à Maria Tsagkari, une jeune artiste grecque de 33 ans qui vit à Athènes et qui, jusqu’alors, a peu exporté son travail. Ce sont ses installations éphémères et poétiques, petits miracles recyclables dans qui, en dernier lieu,  ont remporté l’adhésion du jury.
Durant la soirée de la remise du prix, le public a pu toutefois  découvrir les vidéos ainsi qu’une brève présentation des quatre finalistes. Mais ce n’est pas tout. Afin que tous les artistes sélectionnés soient un peu parmi nous ce soir-là, l’équipe de l’UCPL avait mitonné une vidéo où chacun se partageait le gâteau. Bravo et merci à tous d’avoir accepté de participer à ce prix.
Je profite de ce petit billet pour réitérer mes remerciements :  à la Fondation Jean-Luc Lagardère, partante dès le début pour soutenir ce projet, à François Tajan, co-président d’Arcurial, qui a gracieusement accueilli l’événement, à l’Institut Français d’Athènes. Merci aussi à Marc Lacroix et toute l’équipe de l’UCPLqui a pris à son compte toute la partie visuelle de l’événement, merci à Virginie Burnet et Olivia de Smedt de l’Art en Plus qui ont développé la communication, à la maison Mavrommatis, à Anastasia Mitrogogou… et à tous ceux qui ont accompagné ce projet monté en huit mois.
J’en profite également pour remercier les membres du comité présidé part Alain Seban, président du Centre Pompidou. Tous ont accepté d’ escorter ce premier prix avec confiance et courtoisie. A l’exception de Giorgos Agouridis, président du centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos et Anna Kafetsi, directrice de l’EMST, musée d’Art contemporain d’Athènes retenus en Grèce, toutes les personnalités étaient présentes pour la délibération. Adelina Von Fürstenberg, fondatrice et présidente d’Art for the World, Xenia Geroulanos de la Galerie Thaddaeus Ropac, Katerina Gregos, curatrice et directrice artistique d’Art Brussels, Andreas Kourkoulas et Maria kokkinou, architectes et auteurs du nouveau musée Benaki à Athènes, Thierry Ollat, directeur du MAC à Marseille, Emmanuel Saulnier, artiste et professeur à l’école des Beaux-Arts de Paris et bien sur François Tajan, co-président ‘Artcurial
Comme vous avez pu le voir (quelques extraits sur la page FB Hyam),  la presse française et grecque a bien relayé l’ événement. Et cela devrait continuer, nous attendons encore des parutions en septembre. Thank you too !
Avant d’attaquer la suite, je vous propose donc un retour en images sur la soirée.
Tout d’abord la présentation des quatre artistes nominés… Le jury, présidé par Alain Seban, président du Centre Pompidou était alors en train de plancher…

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Après un bref discours, l’annonce du lauréat et la remise du Prix avec François Tajan, co-président d’Artcurial

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Ou plutôt de la lauréate… puisque c’est Maria Tsagkari qui a remporté le prix

 

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Avec le président Alain Seban

 

 

La presse était là, elle aussi : Marie-Clémence Barbé-Conti, Béatrice de Rochebouët et Sophie de Santis, ex-consoeurs du Figaro avec François Tajan

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Thierry Bogaty et Samantha Deman et au centre Virginie Burnet, directrice de l’Art en Plus.

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Carine Decroi, François Tajan et Valérie Sasportas du Figaro

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 Sophie Dufresne et Gilles Kraemer

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  Iris Touliatou (à droite) l’une des artistes sélectionnée.

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Et enfin toute l’équipe de L’UCPL, partenaire de l’événement, fondé par Marc Lacroix (à droite) qui a réalisé la vidéo ci-dessous ainsi que la maquette du carton d’invitation et celle de tous les kakémonos qui habillaient la soirée.

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Le saut en valait la chandelle. A Thessalonique, la quatrième Biennale éclatée dans différents lieux de la ville réserve beaucoup de bonnes surprises. Jusqu’à la fin du mois.

Texte et photos par Pauline Simons

« Everywhere but now », tel est le mot d’ordre de la quatrième Biennale de Thessalonique. Comme si plus personne n’avait le choix. Ni en Grèce, ni ailleurs. Adelina von Fürstenberg, commissaire générale de l’évènement, a parfaitement réussi à donner matière à ce bel intitulé : elle a mis en lumière à la fois la complexité et les questionnements politiques, socio-économiques et religieux des artistes du bassin méditerranéen tout en jetant des ponts bien au-delà vers d’autres cultures et tribulations artistiques. Comme si, quelque soit la toile de fond, les artistes du monde entier tenaient le même fil rouge. On reconnaît ici la patte de la commissaire générale qui a quitté la direction du Magasin, centre d’art contemporain de Grenoble afin de fonder Art for the world, une ONG dont le but est de promouvoir les valeurs universelles à travers l’art contemporain.
Maria Papadimitriou et Marta Dell'Angelo

Avec la distance que donne la photo, esthétiquement, le rapport est flagrant ! Les personnages désolés, agglutinés et uniformisés de The Prow l’oeuvre de Marta Dell Angelo font étrangement écho à l’ Anti-Apparatus de Maria Papadimitriou et à la Méditerranée, mer de verre ou se croisent aujourd’hui des clandestins, des anonymes, des hors la loi.Mais dans le plein comme le vide tout le monde est logé à la même enseigne.

Depuis l’automne dernier, autour des œuvres d’une cinquantaine d’artistes, l’art bruisse dans la ville entière : éclatée dans huit lieux, la biennale de Thessalonique fait tâche d’huile. Les approches sont toutefois différentes. Au musée archéologique et au musée de la culture byzantine, l’ art d’aujourd’hui vient se greffer aux collections du passé, au musée d’art macédonien d’art contemporain, Denys Zacharopoulos, son directeur, a choisi de prolonger l’ histoire en retournant aux sources. Au contraire, dans le Pavillon 6, le plus vaste espace de la Biennale, les œuvres d’aujourd’hui se répondent, s’interpellent, se complètent dans des faces à faces esthétiques ou idéologiques où  la peinture, à même de poursuivre elle aussi son histoire, ne fait pas figure de parent pauvre. On retrouve avec plaisir des pièces d’artistes internationaux -Marina Abramovic, Inci Eviner, Ghada Amer, Miltos Manetas, Apostolos Georgiou, Claire Fontaine, Los Carpinteros… et on découvre les œuvres de jeunes artistes grecs déjà croisés dans d’autres expositions Maria Tsagari, Panos Tsagaris, Bill Balaskas… Ceux- ci sont invités à participer à la première édition du prix de la jeune scène artistique méditerranéenne créé par Hyam en partenariat avec la Fondation Jean-Luc Lagardère et dédiée cette année à la Grèce.

4ème biennale de Thessalonique. Jusqu’au 31 janvier. www.thessalonikibiennale.gr

The Heart récente sculpture de Ghada Amer, l’égyptienne dont les ombres portées tirent l’histoire à l’extérieur de sa bulle face à une autre écriture aussi belle qu’intelligible (pour beaucoup d’entre nous), celle de la Written Room de Parastou Forouhar, l’iranienne. tout aussi inintelligible pour un européen qui elle aussi habille le dedans et le dehors.

 Toujours au Pavillon 6
Apostolos Georgiou

ce tableau récent d’Apostolos Georgiou

 

 

Marcello Malobert

ce « carnaval improvisé » de Marcello Maloberti

 

 

Los Carpinteros

les tunnels de Cuba de Los Carpinteros

 

 

Philip Rantzer

une fiction de l’Europe par Philip Rantzer

 

inci eviner

la migration, ses complaintes et ses femmes une vidéo d’Inci Eviner

 

veronica Smirnoff

juste un détail des précieux ananachronismes de Veronica Smirnoff

 

Dans l'une des salles du musée archéologique les sculptures de David Casini

Dans l’une des salles du musée archéologique les sculptures de David Casini

 

Sheba Chhachhi

The water Diviner, une vidéo de Sheba Chhachhi au Musée macédonien d’art contemporain : un retour aux sources poétique mais sans concession.